Samedi · 9 mai 2026 · Vol. I, Nº 01
★ Saison d'observation printanière · 52°13′N 21°00′E · 14°C / pochmurno
Martre des pins Martes martes dans la couronne d'un vieux hêtre, bavette crème sur la poitrine clairement visible
PLATE Nº 01 Martes martes

FICHE D'ESPÈCE · Mustélidés

Martre des pins

Martes martes · Linnaeus, 1758

Habitante discrète des vieilles cavités dans les forêts polonaises.

Silencieuse, discrète, c'est la plus arboricole de tous les mustélidés polonais. La martre des pins est ce que la fouine ne veut pas être : une véritable habitante des forêts anciennes. Elle ne fréquente pas les greniers, ne ronge pas les voitures et ne se fait pas remarquer. Elle vit dans les cavités des vieux chênes et hêtres qui poussaient bien avant que l'homme ne bâtisse des villages au pied de la forêt.

36–56 cm
longueur du corps
17–28 cm
longueur de la queue
0,5–2,4 kg
poids
8–11 ans
espérance de vie (nature)
100–700 ha
territoire du mâle
1–5 petits
par portée (souvent 3)
9 mois
de gestation (diapause incluse)
30–35 jours
développement réel
LC Préoccupation mineure Espèce chassable — période de fermeture du 01/04 au 31/08 Population stable ou en déclin local (perte de vieilles forêts)

En résumé

Classification

Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Ordre Carnivora
Famille Mustelidae
Genre Martes
Espèce M. martes

La martre des pins (Martes martes), également connue sous le nom de martre commune, appartient à la famille des Mustelidae et au même genre Martes que la fouine. Les deux espèces sont très similaires anatomiquement et souvent confondues, mais elles mènent des modes de vie fondamentalement différents — la fouine a choisi le voisinage de l'homme, tandis que la martre est restée fidèle à la vieille forêt. C'est une espèce indicatrice : là où vit une population stable de martres des pins, le peuplement forestier a généralement plus de 80 ans et une structure riche. Là où elle disparaît, les cavités naturelles ont généralement disparu avant elle.

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Apparence et anatomie

Silhouette svelte de mustélidé avec sa bavette crème caractéristique.

La martre des pins possède un corps long et svelte d'une longueur de 36 à 56 cm pour un poids de 0,5 à 2,4 kg. Les mâles sont nettement plus grands que les femelles — un dimorphisme sexuel typique des mustélidés : un mâle adulte pèse entre 1,3 et 2,4 kg, tandis qu'une femelle pèse entre 0,5 et 1,5 kg. Comparée à la fouine, la martre des pins est légèrement plus légère, mais possède une queue proportionnellement plus longue (50–55 % de la longueur du corps contre 45–50 % chez la fouine) et une silhouette plus élancée — une adaptation à la vie dans la canopée.

Sa fourrure est dense, à double couche et douce. La couleur du dos est un brun foncé chaud avec des nuances de châtaigne ou de chocolat ; le ventre est plus clair. En été, la fourrure est plus courte et plus rousse ; en hiver, elle est beaucoup plus épaisse, plus sombre, avec un sous-poil plus clair. Autrefois, la martre des pins était une espèce de fourrure importante (d'où son nom polonais traditionnel tumak).

Anatomie de la martre des pins — silhouette latérale avec caractéristiques décrites : bavette crème, longue queue, patte poilue
Fig. 01Silhouette de la martre des pins de profil — caractéristiques diagnostiques : bavette crème, longue queue, patte poilue.

Le principal signe distinctif est la bavette sur la poitrine. Chez la martre des pins, elle est crème-jaune à jaune-orangé, uniforme (non divisée) et s'arrête sur la poitrine — elle ne descend pas en fourche sur les pattes ou le ventre. C'est une différence cruciale par rapport à la fouine, dont la bavette est blanc pur, divisée en deux et descend jusqu'en haut des pattes. Vous trouverez une comparaison complète dans le guide martre des pins vs fouine.

La patte de la martre des pins est densément poilue, surtout en hiver — c'est une adaptation au froid qui facilite la marche sur la neige et l'écorce humide. La pilosité hivernale est si dense que les traces dans la neige paraissent floues — c'est un indicateur de terrain important. Chez la fouine, la plante des pieds n'est que partiellement poilue, ses traces hivernales montrent donc des empreintes de doigts plus nettes.

CaractéristiqueMartre des pinsFouine
Bavettecrème-jaune, uniformeblanche, divisée
Habitatvieille forêt (>80 ans)synanthrope (bâtiments, lisières)
Museauplus fin, plus pointuplus court, plus large
Patte en hiverdensément poiluepartiellement nue
Traces dans la neigefloues à cause des poilsempreintes de doigts nettes
Abri diurnecavités, vieux nids d'écureuilsgreniers, tas de bois
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Habitat et aire de répartition

Presque toute l'Europe jusqu'à l'Oural — mais seulement là où subsistent de vieilles forêts.

La martre des pins est présente de la péninsule Ibérique à l'Oural, au nord jusqu'à la péninsule de Kola et au sud jusqu'au Caucase. En Pologne, on la trouve dans tout le pays, mais avec une densité très inégale. Des populations stables et denses se trouvent dans les Carpates, la forêt de Białowieża, et les grands complexes forestiers de Poméranie. Dans les forêts à rotation courte (monocultures de pins de 30 à 60 ans), sa présence est beaucoup plus rare.

Vieille forêt de hêtres avec des arbres creux — habitat typique de la martre des pins
Fig. 02Habitat typique : vieux peuplement de feuillus ou mixte avec des cavités et une structure verticale riche.

Les exigences en matière d'habitat de la martre des pins sont la clé pour comprendre sa répartition. L'espèce a besoin de forêts anciennes — des arbres de plus de 80 ans avec des cavités pour nicher. Les vieilles hêtraies, les chênaies et les forêts mixtes avec beaucoup de bois mort (debout ou au sol) sont idéales.

Espèce indicatrice

La martre des pins est l'un des meilleurs indicateurs de la qualité des forêts. Une population stable signifie qu'il y a des arbres à cavités, des nids d'écureuils, une abondance de petits mammifères et que l'activité humaine n'est pas assez intense pour faire fuir l'animal. Là où elle manque, les cavités ont souvent disparu bien avant elle.

Les abris diurnes sont critiques pour la martre. Elle choisit le plus souvent : des cavités d'arbres (surtout les anciens nids du pic noir), des vieux nids d'écureuils, parfois des cavités de chouettes ou des nichoirs abandonnés. Une seule martre possède entre 5 et 15 abris sur son territoire, entre lesquels elle alterne cycliquement. Elle n'occupe les greniers que très exceptionnellement, souvent uniquement dans des fermes isolées en lisière de forêt.

Le territoire individuel de la martre des pins est beaucoup plus vaste que celui de la fouine — un mâle occupe de 100 à 700 ha, une femelle de 50 à 250 ha. Cela est dû à un habitat moins riche en nourriture et aux plus longues distances entre les bons abris. En hiver, les territoires peuvent s'agrandir pour patrouiller les restes de carcasses laissés par les loups.

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Régime alimentaire

Omnivore avec une forte préférence pour les petits mammifères forestiers, les oiseaux et les fruits de saison.

La martre des pins est un omnivore opportuniste avec un profil typiquement forestier. Son régime diffère de celui de la fouine moins par sa composition que par sa source — au lieu du campagnol des champs, elle chasse le campagnol roussâtre en forêt ; au lieu du pigeon de ville, elle s'attaque aux grives et aux geais. Pour plus de détails, consultez le guide que mange la martre.

Martre des pins avec un écureuil dans la gueule — scène typique de prédation arboricole
Fig. 03L'écureuil — l'une des proies les plus difficiles, accessible uniquement à ce prédateur arboricole.

La chasse aux écureuils est l'une des scènes les plus spectaculaires de la forêt polonaise. La martre des pins est l'un des très rares prédateurs capables de rattraper un écureuil dans la canopée. La poursuite se déroule en trois dimensions — le long du tronc, de branche en branche, avec des bonds allant jusqu'à 4 mètres. C'est pourquoi, dans les forêts à forte population de martres, la densité d'écureuils peut être significativement réduite.

La martre ne s'attaque pas à l'écureuil seulement par faim — elle le fait parce qu'elle le peut. La vieille forêt lui offre cette opportunité que les forêts plus jeunes n'offrent plus.

Sa stratégie de chasse combine deux tactiques. Au sol, elle utilise son odorat fin pour chasser les petits mammifères. Dans les arbres, elle patrouille la canopée à la recherche d'oiseaux endormis, de nids ou d'écureuils. Le surplus killing (tuer plus que nécessaire) est rare en milieu forestier naturel.

Changements saisonniers : en hiver, les petits mammifères, les charognes et les écureuils dominent. Au printemps, ce sont les oisillons et les œufs. En été, les insectes et les rongeurs. En automne, les noisettes et les baies. Cette plasticité lui permet de survivre là où les sources de nourriture varient.

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Comportement et éthologie

Discrétion, vie arboricole et territorialité — le plus secret des mustélidés polonais.

La martre des pins est crépusculaire et nocturne, avec des pics d'activité avant minuit et avant l'aube. Le jour, elle dort dans une cavité ou un nid d'écureuil. Contrairement à la fouine, qui entre régulièrement dans les fermes, la martre des pins mène une vie si discrète que la plupart des gens vivant près des forêts ne la voient jamais.

La vie arboricole est l'une de ses plus grandes adaptations. Elle passe 60 à 80 % de son temps dans les arbres et ne descend au sol que pour chasser certains mammifères ou passer d'un bosquet à l'autre. Elle peut bondir de 4 m horizontalement. Elle descend les troncs la tête la première (comme l'écureuil) grâce à une articulation de la cheville réversible.

Petite anecdote

Une martre des pins peut parcourir 10 km en une seule nuit pour patrouiller son territoire. Elle utilise souvent les mêmes « autoroutes » — des branches spécifiques, des souches ou des lisières. Les naturalistes expérimentés reconnaissent ses sentiers à la mousse usée sur l'écorce.

Martre des pins bondissant entre les cimes — scène de mouvement arboricole
Fig. 04Saut entre les cimes — une technique de mouvement où la martre des pins n'a aucun concurrent dans la forêt polonaise.

La territorialité est forte chez les deux sexes. Le territoire d'un mâle peut chevaucher celui de plusieurs femelles. Les limites sont marquées par des sécrétions glandulaires, de l'urine et des excréments déposés sur des endroits bien en vue : souches, pierres ou toits de pavillons forestiers.

Ses vocalisations sont rares et discrètes. On peut parfois entendre de courts claquements (contact mère-petits), des grognements (agression territoriale) ou des sifflements aigus (petits appelant leur mère). En période de rut, les mâles émettent un claquement sec caractéristique.

Bien qu'elle soit une bonne nageuse, elle préfère traverser les cours d'eau en utilisant des troncs d'arbres tombés en travers de l'eau.

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Reproduction et cycle de vie

Diapause embryonnaire, cavités comme nids, l'un des cycles les plus longs parmi les mustélidés.

La reproduction de la martre des pins repose sur le même mécanisme que celui de la fouine — la diapause embryonnaire. Le rut a lieu en juillet et août, mais l'embryon ne commence à se développer qu'en février ou mars de l'année suivante. Les ovules fécondés attendent dans l'utérus pendant 7 à 8 mois jusqu'à ce que la durée du jour signale l'arrivée du printemps.

La gestation réelle dure de 30 à 35 jours après l'implantation. Les petits naissent en mars, avril ou mai. La portée compte de 1 à 5 petits, généralement 3 — c'est moins que chez la fouine, mais typique d'une espèce à stratégie K (vie longue, peu de petits, investissement parental élevé).

Pour en savoir plus sur le développement, consultez l'article les jeunes martres et leur développement.

Jeune martre des pins dans la cavité d'un vieux chêne — premières semaines de vie
Fig. 05Jeune martre dans sa cavité — le nid est généralement situé entre 3 et 10 m de hauteur.

La femelle construit son nid dans une cavité d'arbre ou un vieux nid d'écureuil, tapissé de mousse, d'herbe sèche et de poils. L'emplacement est crucial : la cavité doit être assez haute pour éviter les prédateurs terrestres et assez étroite pour empêcher l'entrée d'un autre mâle adulte.

Les yeux des petits s'ouvrent après 5 semaines. Ils commencent à goûter à la nourriture solide vers 8 semaines et sortent de la cavité vers la 10ème ou 12ème semaine. L'indépendance est acquise après 4-5 mois. La maturité sexuelle survient vers 15 mois pour les femelles et 24 mois pour les mâles — bien plus tard que chez la belette.

Stratégie K — vie longue, petite portée

La martre des pins est un exemple typique de stratégie K : cycle de vie long (8–11 ans en liberté, jusqu'à 17 en captivité), maturité tardive, peu de petits et soins parentaux intensifs. C'est l'opposé de la stratégie r de la belette. Cela convient aux espèces vivant dans des environnements stables comme les vieilles forêts.

Dans la nature, elles vivent environ 8 à 11 ans. Les principales causes de mortalité sont la prédation (rare, surtout par l'aigle royal ou le grand-duc), la chasse, les maladies et de plus en plus, les collisions routières.

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Traces et tropy

Empreintes plus grandes que celles de la fouine, mais souvent floues dans la neige à cause des pattes poilues.

Les empreintes de la martre des pins sont légèrement plus grandes que celles de la fouine — environ 4–5 cm de long. Les cinq doigts avec griffes sont visibles sur sol mou. Son allure typique est le galop, laissant des paires d'empreintes espacées de 50 à 80 cm.

Empreintes fraîches de martre des pins dans la neige — floues à cause de la pilosité des pattes
Fig. 06Traces de martre en hiver — le flou causé par les poils est un signe distinctif majeur par rapport à la fouine.

Consultez l'article sur les traces de martres pour plus de détails. Rappelez-vous que la différence s'estompe en été, lorsque les deux espèces laissent des empreintes similaires dans la boue.

Ses excréments sont des cylindres de 6 à 10 cm, souvent en forme de S. Ils contiennent souvent des poils d'écureuils, des restes de rongeurs ou des noyaux de fruits. Ils ont une odeur musquée caractéristique et sont déposés en évidence pour marquer le territoire.

D'autres indices incluent des cônes de pins rongés (fendus dans la longueur), des restes d'écureuils ou des traces de griffes sur les troncs.

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L'homme et la martre des pins

Conflits plus rares qu'avec la fouine, mais la pression sur son habitat augmente.

La relation entre l'homme et la martre des pins est bien plus paisible qu'avec la fouine. Menant une vie secrète en forêt, elle est rarement rencontrée. Les conflits se limitent aux fermes situées en lisière de forêt où elle peut s'en prendre aux poulaillers ou aux clapiers, mais c'est beaucoup moins fréquent que pour la fouine.

Statut juridique : En Pologne, elle est une espèce chassable avec une période de fermeture du 1er avril au 31 août. En pratique, la pression de chasse est faible car elle est difficile à pister et sa fourrure a perdu sa valeur commerciale. Dans de nombreux pays de l'UE, elle est totalement protégée.

La forêt n'est pas un grenier

Si vous entendez des bruits de galop au-dessus de votre plafond, c'est presque certainement une fouine, pas une martre des pins, même si vous vivez près des bois. La martre des pins préfère de loin ses cavités naturelles. Seule l'observation de la bavette permet une identification certaine.

La protection de la martre repose sur la préservation des forêts anciennes et des arbres à cavités. Sans cavités, il n'y a pas de martre.

Dans le folklore, le nom tumak était respecté et sa fourrure était l'une des plus précieuses au Moyen Âge en Pologne. On l'appelait aussi kuna złotodzióbka (martre à bec d'or) en référence à sa bavette jaune doré.

La martre des pins n'a pas besoin d'un grenier — elle a besoin de la cavité d'un vieux chêne. C'est une différence de trois siècles de croissance.

— Notes de terrain

Sources et rédaction

Goszczyński J. (1986) Diet of foxes and martens in central Poland, Acta Theriologica · Jędrzejewski W., Jędrzejewska B. (1998) Predation in Vertebrate Communities — The Białowieża Primeval Forest as a Case Study, Springer · Polski Atlas Ssaków (PAN, 2014) · Pulliainen E. (1981) The Status, Structure and Behaviour of Populations of the Pine Marten · Notes de terrain de la rédaction 2024-2026.

Rédaction : 5 mai 2026

FRANCE
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